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02.10.2007

UN CERTAIN FATALISME FRANÇAIS

La fin de l’été n’est vraiment pas une période faste pour le sport français. Et les cyclistes n’ont pas plus relevé le niveau des performances tricolores dans le grand concert international. À l’image de nos sélections nationales (football, rugby, basket, volley), toutes impuissantes ou quasiment incapables face à la concurrence, à l’image aussi de celle d’athlétisme, l’équipe de France élite alignée aux Mondiaux sur route, à Stuttgart, a été bien incapable de se mettre en situation de rafler la moindre médaille. L’an passé déjà... À l’occasion des dix derniers championnats du monde, les Français ont tout juste ramené deux médailles de bronze de la course arc-en-ciel pros. Un certain fatalisme français s’installe.

Passons sur la sélection composée de quatre coureurs honorant leur deuxième sélection et de quatre autres leur toute première sur un groupe de neuf unités. Passons donc sur le dosage expérience-jeunesse, sur celui des compétences et des profils. On n’avait pas de meilleur coureur pour un autre résultat que la 30e place de Pierrick Fédrigo, à 49 secondes de Bettini, passons. Voyons la course. Une des premières équipes à se lancer tête baissée dans l’épreuve, la France s’est finalement consumée dans d’improbables tentatives lancées de loin ou en solitaire... et le souffle est venu à manquer quand la course au podium a simplement commencé. Derrière Fédrigo, Ludovic Turpin a fini 41e dans le même temps, Sylvain Chavanel s’est classé 67e à plus de huit minutes et Thomas Voeckler, 68e à quasiment seize.

Informations recueillies, les Français sont toujours trop courts au delà du fameux cap du 200e kilomètre, comme débordés par la vitesse et le nombre des adversaires. Ils le sont quel que soit le profil de la course, son déroulement, etc. lls le répètent au point que c’est devenu banal. D’une compétition à l’autre, d’une année sur l’autre, on s’en remet donc à l’exploit, à l’improbable... Mais alors qu’est-ce qui fait gagner les autres ?

A l’image de Bettini, chahuté, voire humilié les heures précédant la course, le mental ? La rage de vaincre ? L’orgueil ? La fierté ? La spontanéité ? L’honneur du maillot ? Un peu de tout cela ? Ou rien du tout ? Alors la volonté ? La faim ? L’esprit de groupe ? L’esprit commando ? La tactique ? Si ce n’était pas un problème d’individus, d’athlètes, de professionnalisme et de préparation ? Peut-être serait-ce un problème de société ?

Pourtant, au palmarès 2007, cinq des six titres sont revenus aux ressortissants des « pays créateurs » avec deux victoires pour l’Italie et une pour les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suisse. Il ne manque au tableau que l’Espagne... et la France. Maigre consolation. On prévoyait le déclin général de l’Europe de l’Ouest, trop gâtée, face à celle de l’Est, plus motivée. Comme on avait envisagé l’émergence des Américains et celle de coureurs venus de continents neufs. Ce n’est pas vraiment le cas.  Quand nos routiers font profil bas, nos autres spécialistes -vététistes, pistards, bi-crossers, free-stylers-, réussissent régulièrement. Pourquoi ? En attendant la réponse, un certain fatalisme français s’installe.

18:12 Publié dans Championnats du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note